Entrepreneuriat

La richesse : tout ce qu’il faut savoir sur cette notion

Le 22 octobre 2021
Un homme d'affaire riche dans son bureau

Au fil des siècles, la notion de richesse a connu bien de définitions. Aujourd’hui encore, l’on se demande ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas. Même si tous s’accordent à la définir au sens large comme étant l’abondance de biens, la notion de richesse est subjective. Ainsi, certains l’associent à un aspect quantitatif pendant que d’autres l’associent à la satisfaction que l’on éprouve après l’acquisition d’un bien.

La richesse : définition

Il est nécessaire de préciser que la richesse n’est pas qu’une question d’abondance d’argent. Ainsi, le revenu n’est pas le seul critère qui permet de dire qu’un individu a franchi le seuil de pauvreté ; parmi ceci figure le patrimoine, le niveau de vie. Ainsi, lorsque la richesse est appliquée à un pays, elle désigne toute la production locale.

Par contre, on dit d’une société qu’elle a produit de la richesse lorsqu’elle a apporté une certaine valeur ajoutée. Dans ce cas, il ne s’agit pas de l’argent qu’elle a gagné au titre de bénéfices. Cependant, lorsque l’on se réfère à l’histoire de l’économie ; la création, la répartition et la mesure de la richesse ne sont plus identiques aujourd’hui.

Deux courants de pensée s’affrontent quant à la notion de richesse d’un pays. Le premier affirme qu’elle se limite à l’État, tandis que le second s’élargit aux habitants ayant franchi le seuil de pauvreté. Par la suite, l’on a assisté à l’avènement du travail industriel qui a fait du travail, la référence principale de la richesse pour franchir le seuil de pauvreté.

Pour Adam Smith, deux éléments déterminent un pays riche. Il s’agit des aptitudes des travailleurs et de la part qu’occupe la population active. Quant à John Stuart, il soutient qu’une meilleure répartition de l’abondance de biens contribue grandement au développement d’une nation. Par contre, les adeptes de la pensée de Keynes et les néoclassiques associent la richesse à la valeur monétaire que l’on attribue aux biens et services.

En France le revenu est un moyen de distinguer les personnes riches de celles qui sont dans la pauvreté. C’est ainsi qu’après des études, un rapport d’étude IFOP de février 2013 affirme qu’un français qui gagne 6500 euros peut être considéré comme riche. Cette étude permet de définir le seuil de richesse à un salaire de 8500 euros brut mensuel.

La richesse : comment se mesure – elle ?

Partout dans le monde, un PIB à la hausse est la définition d’un pays qui connaît la croissance. Ainsi, l’on se réfère au produit intérieur brut pour mesurer la richesse produite par un pays. C’est la production des agents résidents (ménages, entreprises locales ou étrangères, administrations) qui est prise en compte. Pour l’obtenir, il faut faire un cumul des valeurs ajoutées. À titre d’information, le PIB ne sert pas à mesurer un stock de richesses, mais plutôt le flux de richesses sur une année.

Le PIB représente l’un des principaux indicateurs de revenu et de croissance économique ; il sert à déterminer les pays riches. Toutefois, beaucoup se demandent si l’accumulation de richesses détermine bien la croissance. Ainsi, les spécialistes de l’économie marquent la différence entre croissance et bien-être.

À titre d’exemple, ils évoquent l’accroissement d’un PIB après l’effort de reconstruction des pays riches après une catastrophe naturelle. Ceci est l’exemple parfait qu’une hausse du PIB n’est pas le résultat d’un secteur éducatif performant ou d’un système de santé accessible au grand nombre. Le PIB connaît donc de nombreuses critiques en raison d’éléments importants qu’il ne prend pas en compte, il s’agit notamment de :

  • Une partie de la production domestique et de l’économie solidaire ;
  • L’argent issu du secteur informel.

Aussi, le PIB n’est pas un indicateur fiable, car il ne reflète pas un autre aspect tout aussi important. Il s’agit de l’impact de la production sur l’environnement et les ressources naturelles. Le PIB ne montre pas non plus le niveau d’inégalité ou d’égalité issu de la répartition des revenus des habitants. En 1990, toutes ces limites du PIB ont poussé de célèbres économistes à créer un nouvel indicateur.

L’indice de développement humain (Œh) a été publié par le PNUD pour mesurer la croissance d’un pays. Cet indice est composé d’éléments comme l’espérance de vie, le niveau d’éducation, le niveau de vie par habitant. Plus tard, en 2009 ces mêmes critères ont été repris en France par la commission Stiglitz, et l’INSEE l’a intégré progressivement dans ses mesures statistiques.

Toutefois, il existe d’autres indices méconnus du grand public, mais qui permettent de déterminer la richesse des pays. L’indice du bonheur national brut (BNB) qui a été élaboré par le Bouthan (petit pays himalayen) est un des plus utilisés. Le BNB se sert de critères spécifiques pour quantifier le bonheur des habitants. Au nombre de ces critères, il faut distinguer :

  • Le bien-être psychologique des individus ;
  • La sauvegarde de la culture et de l’environnement ;
  • La bonne gouvernance ;
  • Le développement économique.

Dans le même courant de pensée, la France a aussi un indicateur de bonheur, il s’agit de l’IBM (indice du bonheur mondial).

Est-ce possible d’avoir un indice global pour déterminer la richesse d’une nation ?

Malgré les nombreuses avancées effectuées dans le but de mesurer la richesse, l’on n’est toujours pas parvenu à déterminer un indicateur global. En 2012, l’Organisation des Nations Unies a mis au point un indicateur, il s’agit de L’IWI (indice de richesse inclusif). L’Inclusif Wealth Index (IWI) repose sur trois différents actifs. Il s’agit de :

  • Physique ou manufacturé (immeubles, machines, infrastructures, etc.) ;
  • L’humain (l’éducation et le savoir de la population) ;
  • La nature (la terre, les forêts, les minéraux, les fossiles, etc.).

Si l’on considère l’IWI, les États-Unis qui étaient considérés comme le pays le plus riche est désormais dépassé par le Japon. D’autres pays comme le Royaume-Uni donnent la priorité à l’actif humain. Quant à la France ou l’Allemagne, elles attribuent aux actifs naturels une place de choix dans la constitution de la richesse d’une nation.

L’IWI a également pour vocation d’informer sur une éventuelle régression de la richesse. À titre d’exemple, il a permis à la Russie d’identifier une perte annuelle de 0,3 % sur sa richesse inclusive. Ces chiffres ont été obtenus à partir de l’analyse d’une période (entre 1990 et 2008).

Seuls les actifs pour lesquels un prix existe sont pris en considération. L’autre condition sine qua non est que ces actifs peuvent se substituer entre eux. Cependant, il faut garder à l’esprit que certains actifs comme l’air pur et l’eau potable qui sont nécessaires à la vie ne peuvent être remplacés.